Renversement d'accord : reconnaître, chiffrer et entendre les accords renversés
Pourquoi les accords renversés posent-ils problème en formation musicale ? Parce qu'on écoute la mélodie du haut et qu'on oublie la basse. Or c'est elle qui décide du renversement, du chiffrage et souvent de la fonction de l'accord dans la phrase. Si vous savez déjà trouver la fondamentale et nommer un accord (voyez le guide pour identifier les accords au piano), cet article va plus loin : chiffrage, basse chiffrée, septièmes, quarte et sixte de cadence, dictée.
Qu'est-ce qu'un renversement d'accord ?
Prenons l'accord parfait de do majeur : do–mi–sol (C–E–G). Tant que le do est à la basse, l'accord est à l'état fondamental. Dès qu'une autre note de l'accord passe à la basse, il est renversé. Ses notes ne changent pas, son nom non plus : c'est toujours un accord de do.
- État fondamental : do à la basse. Symbole C.
- Premier renversement : mi à la basse. Symbole C/E.
- Deuxième renversement : sol à la basse. Symbole C/G.
Un accord de trois sons a donc deux renversements, un accord de quatre sons (septième) en a trois. Pour la définition générale, voyez l'article Wikipédia Renversement (musique).
Comment reconnaître un renversement par la basse ?
- Isolez la note la plus grave. Pas la plus forte, pas celle de la main droite : la plus grave.
- Trouvez la fondamentale en empilant les notes par tierces (do–mi–sol).
- Comparez. La basse est la fondamentale ? État fondamental. La tierce ? Premier renversement. La quinte ? Deuxième. La septième ? Troisième.
- Ignorez la disposition des voix supérieures. Mi à la basse avec sol–do au-dessus, ou mi à la basse avec do–sol–mi au-dessus : c'est toujours un premier renversement.
Ce dernier point trompe beaucoup d'élèves. L'ordre des notes du haut définit la position (de tierce, de quinte, d'octave), pas le renversement. Le manuel de Puget Sound le montre sur les accords parfaits renversés (en anglais).

Comment chiffrer un accord renversé ?
Le chiffrage vient de la basse chiffrée (basse continue) : chaque chiffre indique un intervalle compté au-dessus de la basse. En France, on nomme l'accord d'après ces chiffres : « accord de sixte », « accord de quarte et sixte ». Les manuels anglo-saxons et l'analyse internationale accolent ces chiffres au degré en chiffres romains : I6, V6/5. Le détail est sur la page Figured Bass Inversion Symbols (en anglais).
| État | Basse | Chiffrage | Chiffre romain (do majeur) | Symbole |
|---|---|---|---|---|
| État fondamental | do (fondamentale) | 5/3 (ou 5) | I | C |
| 1er renversement, accord de sixte | mi (tierce) | 6 (ou 6/3) | I6 | C/E |
| 2e renversement, accord de quarte et sixte | sol (quinte) | 6/4 | I6/4 | C/G |
Pour la septième de dominante sol–si–ré–fa (G7), le chiffrage français signale la sensible (si) par un + :
| État | Basse | Chiffrage français | Chiffre romain | Symbole |
|---|---|---|---|---|
| État fondamental | sol | 7/+ | V7 | G7 |
| 1er renversement, sixte et quinte diminuée | si | 6/5 barré | V6/5 | G7/B |
| 2e renversement, sixte sensible | ré | +6 (6/4/3) | V4/3 | G7/D |
| 3e renversement, triton | fa | +4 (6/4/2) | V4/2 | G7/F |
Au troisième renversement, la septième est à la basse. Elle doit descendre : fa → mi. L'accord suivant arrive donc avec mi à la basse, c'est-à-dire en I6 (C/E). Les règles de résolution sont détaillées dans notre article sur les quintes et octaves parallèles.
Et en pop ? Les grilles et lead sheets écrivent la basse après une barre oblique : C/E, C/G. Ces accords slash désignent parfois une basse étrangère à l'accord (C/D) ; ce n'est alors plus un renversement. Voir Lead Sheet Symbols (en anglais).
Pourquoi les compositeurs renversent-ils les accords ?
Pour faire chanter la basse. À l'état fondamental, la basse saute de fondamentale en fondamentale. Avec des renversements, elle avance par degrés conjoints. Exemple : C – G/B – Am, soit I – V6 – vi, avec une basse do–si–la qui descend sans un saut.
Pour préparer la cadence. La quarte et sixte de cadence est le cas d'école : C/G (I6/4) → G (V) → C (I). La basse reste sur sol pendant les deux premiers accords ; le do et le mi descendent vers si et ré. Dans la tradition française, on l'analyse volontiers comme une double appoggiature de la dominante (V 6/4–5/3) plutôt que comme un vrai premier degré. Voir The Cadential Six-Four Chord (en anglais).
Pour relier deux accords. La quarte et sixte de passage se glisse entre I et I6 : C – G/D – C/E, basse do–ré–mi. Le 6/4 n'apparaît presque jamais seul ailleurs : à l'état libre, il sonne instable. C'est pourquoi on le réserve à ces emplois (cadence, passage, broderie). Pour la logique des fonctions, lisez notre article sur l'harmonie fonctionnelle.
Comment entendre un renversement ?
En dictée harmonique, la question « quel renversement ? » se résout à l'oreille par la basse. Quelques repères :
- Chantez la basse, pas la mélodie. Fredonnez la note la plus grave de chaque accord, puis situez-la dans l'accord.
- État fondamental : stable, posé. Accord de sixte : plus léger, il donne envie de continuer. Quarte et sixte : suspendu, il réclame une suite.
- Écoutez la ligne de basse entière. Une basse conjointe (do–si–la) trahit souvent des renversements.
- Repérez la cadence. Une basse qui reste sur la dominante sous deux accords différents annonce souvent une quarte et sixte de cadence.
Une routine de travail en six étapes
- Sur papier d'abord. Écrivez I, I6, I6/4 dans trois tonalités, puis V7 et ses trois renversements, sans clavier.
- Chiffrez à la française sous chaque accord : 5, 6, 6/4, 7/+, 6/5 barré, +6, +4.
- Jouez chaque accord et vérifiez que la basse correspond à votre chiffrage.
- Changez la disposition des voix supérieures sans toucher à la basse : le chiffrage ne doit pas bouger.
- Enchaînez : I – V6 – vi, puis I6/4 – V – I, puis V4/2 – I6. Chantez la basse en jouant.
- Vérifiez avec un outil, seulement à la fin, comme on consulte un corrigé. Le jour de l'examen, vous serez seul avec votre crayon.
Cette discipline vaut pour le bac option musique comme pour les épreuves d'écriture en CRD ou CRR. L'examen AP Music Theory américain, par exemple, demande aussi de réaliser des voix à partir de chiffres romains et de basse chiffrée.
Ce que fait Michord, et ce qu'il ne fait pas
Michord est une application de bureau qui reconnaît l'accord que vous jouez au clavier MIDI, au piano à l'écran ou au clavier de l'ordinateur. Elle identifie les accords de la triade à la treizième, dont les premier, deuxième et troisième renversements et les accords slash, jusqu'à six notes, avec d'autres interprétations possibles.

- Il nomme le renversement et la basse (C/E, « 1er renversement »), mais le chiffre romain reste un simple « I ». Le chiffrage (I6, 6, +4…), c'est vous qui l'ajoutez dans votre analyse écrite.
- Il colore les touches par rôle : fondamentale en bleu, tierce en vert, quinte en orange, septième en violet, tensions en rose.
- L'analyse repose sur des règles fixes, pas sur une intelligence artificielle.
- Il ne lit ni partition papier, ni photo, ni fichier audio : les accords sont joués.
- C'est une fonction de l'abonnement. Le plan gratuit, sans carte bancaire, donne le jeu au clavier, un vrai son de piano à queue et le nom des notes ; au lancement, deux minutes d'accès complet. Symboles d'accords et renversements s'ouvrent avec l'abonnement (2,99 USD par mois ou 22,99 USD par an, annulable à tout moment).
- Ordinateur uniquement : macOS avec puce Apple Silicon, Windows 10 et 11. Pas d'application mobile.
Quelles erreurs reviennent le plus souvent ?
- Lire la main droite. Un do en haut ne fait pas un état fondamental si mi est à la basse.
- Confondre position et renversement. Changer l'ordre des voix supérieures ne change pas le chiffrage.
- Oublier le + de la sensible dans le chiffrage français de la septième de dominante.
- Utiliser un 6/4 libre, sans préparation ni résolution, dans un devoir d'écriture.
- Prendre tout accord slash pour un renversement. C/D n'en est pas un : ré n'appartient pas à l'accord de do.
Comment montrer les renversements en classe ?
Projetez l'écran de Michord et jouez le même accord de do avec trois basses différentes : la classe voit le symbole passer de C à C/E puis C/G, et les couleurs changer sous les doigts. Demandez le chiffrage à voix haute avant de jouer. L'enregistrement d'écran avec son (MP4), inclus dans l'abonnement, garde l'exemple pour les élèves. Voir le guide pour utiliser Michord.
Conclusion
Un renversement d'accord, c'est une question de basse : trouvez la note la plus grave, situez-la dans l'accord, puis chiffrez. Le reste (quarte et sixte de cadence, basse conjointe, résolution de la septième) découle de ce seul réflexe. Vous préparez un concours ? Lisez notre article sur le concours d'entrée au conservatoire et le guide pour apprendre la théorie musicale.
Jouez vos accords gratuitement, affichez renversements et basse avec l'abonnement (2,99 USD / mois · 22,99 USD / an).
Télécharger MichordFAQ — Questions fréquentes
Comment savoir si un accord est renversé ?
Regardez uniquement la note la plus grave. Si c'est la fondamentale, l'accord est à l'état fondamental ; la tierce à la basse donne le premier renversement, la quinte le deuxième, la septième le troisième. L'ordre des notes supérieures ne change rien.
Que signifient les chiffres 6 et 6/4 ?
Ce sont des intervalles comptés au-dessus de la basse. 6 désigne l'accord de sixte (premier renversement, C/E ou I6), 6/4 l'accord de quarte et sixte (deuxième renversement, C/G ou I6/4).
Qu'est-ce que la quarte et sixte de cadence ?
C'est un accord de quarte et sixte posé sur la dominante juste avant l'accord de dominante, à la cadence : C/G, puis G, puis C en do majeur. La basse reste sur sol ; la sixte et la quarte descendent vers la quinte et la tierce de l'accord de sol.
Comment chiffre-t-on les renversements de la septième de dominante ?
En chiffrage français : 7 avec le + de la sensible à l'état fondamental, 6/5 barré (sixte et quinte diminuée) au premier renversement, +6 (sixte sensible) au deuxième, +4 (triton) au troisième. En chiffres romains internationaux : V7, V6/5, V4/3, V4/2.
La reconnaissance des renversements est-elle gratuite dans Michord ?
Non. Le plan gratuit, sans carte bancaire, comprend le jeu au clavier MIDI, au piano à l'écran et au clavier de l'ordinateur, un vrai son de piano à queue et le nom des notes jouées. Les symboles d'accords, les renversements et la basse (C/E) s'ouvrent avec l'abonnement : 2,99 USD par mois ou 22,99 USD par an, annulable à tout moment.
Sur quels ordinateurs Michord fonctionne-t-il ?
Sur macOS, uniquement avec une puce Apple Silicon, et sur Windows 10 et 11. Il n'existe pas d'application mobile.